
Les étapes de cette page, dans l’ordre
- Une expérience de logique, et le mot qui en est sorti
- Pourquoi l'asymétrie est plus forte ici qu'ailleurs
- Fabriquer la liste de celles qui ne tiendront pas
Le travers porte un nom depuis les années soixante et il a été mis en évidence par des expériences de logique élémentaire, sans aucun rapport avec le sujet de ces pages. Un service qui annonce une prestation offerte et une mise en relation sans attente, mais sans indiquer de territoire ni de barème, offre une illustration de ce que l'on retient d'une page et de ce qu'on n'y cherche pas.
Le cas qui sert d’illustration ici
Une expérience de logique, et le mot qui en est sorti
Le psychologue britannique Peter Wason conduisit à partir de 1960 une série d'épreuves où l'on demandait à des participants de découvrir une règle régissant une suite de nombres. Ils pouvaient proposer autant de suites qu'ils voulaient et recevaient à chaque fois un simple verdict : conforme ou non conforme à la règle cherchée.
La quasi-totalité des participants procéda de la même façon : ils formaient une hypothèse, puis proposaient des suites destinées à la confirmer. Presque aucun ne proposa de suite destinée à la contredire — ce qui était pourtant la seule manière d'avancer, puisqu'une confirmation est compatible avec plusieurs règles et qu'une réfutation en élimine une.
C'est de ces travaux qu'est venue l'expression biais de confirmation. Elle désigne une tendance à chercher, retenir et interpréter les éléments qui vont dans le sens de ce qu'on pense déjà, et à ne pas chercher les autres. Le mot biais ne signifie pas erreur de raisonnement : il signifie déséquilibre dans la collecte.
L'écart entre les deux démarches se voit hors de tout laboratoire. Pour savoir si un restaurant est bon, on peut interroger ceux qui y retournent, ou bien ceux qui n'y sont jamais revenus. La première liste se constitue sans effort, et elle ne répond pas à la question posée.
jimini montre la notion à l’œuvre, sans qu’il faille en croire quoi que ce soit.
Pourquoi l'asymétrie est plus forte ici qu'ailleurs
Trois propriétés des annonces reçues en consultation accentuent le déséquilibre, et chacune se repère.
La première est l'absence de date. Une annonce sans échéance ne peut pas être observée à un moment donné, donc son échec n'a pas de lieu dans le temps. Une annonce datée, au contraire, se solde : au terme, elle est vraie ou fausse, et les deux cas laissent une trace également nette.
La deuxième est la souplesse de la formulation. Un énoncé général admet plusieurs réalisations, de sorte que la question n'est pas « est-ce arrivé » mais « qu'est-ce qui pourrait compter comme cela ». Le souvenir répond volontiers à la seconde, et il est très inventif.
La troisième est le délai de vérification. Plus l'échéance est lointaine, plus la formulation d'origine s'est déplacée en mémoire avant d'être comparée au fait. Ce déplacement n'est pas un mensonge, il est le fonctionnement ordinaire du souvenir, et c'est pourquoi aucune bonne volonté ne le corrige.
Fabriquer la liste de celles qui ne tiendront pas
La parade ne demande ni rigueur exceptionnelle ni défiance. Elle consiste à écrire, le jour même, la totalité des annonces reçues, pas seulement celles qui semblent prometteuses, puis à relire cette liste à date fixe.
Le point décisif est l'exhaustivité du relevé initial. Une liste établie après coup ne contient que les annonces dont on se souvient, c'est-à-dire précisément celles que le biais a sélectionnées. Une liste établie avant toute vérification contient aussi celles qui tomberont à côté, et ce sont elles qui portent l'information.
Un mot désigne l'opération manquante : la réfutation. Un énoncé réfuté a été comparé à un fait et n'y a pas résisté. Un bilan dépourvu de toute réfutation n'est pas un bilan réussi, c'est un bilan qui n'a pas cherché. Trois annonces datées, relues au terme, en apprennent davantage sur un service que n'importe quelle collection de récits favorables, et pour une raison simple — elles ont un dénominateur.
La mémoire penche d'un seul côté, et une seule opération redresse la pente : écrire la liste entière avant de savoir laquelle de ses lignes tiendra. Elle ne réclame ni méfiance ni compétence, seulement d'être faite le jour même.
Ce que le cas éclaire de la notion
- Consultation par téléphone annoncée dans les intertitres
- Échange par messagerie instantanée annoncé
- Demande par courriel annoncée
- Consultation en visioconférence annoncée
- Prestation gratuite annoncée dans les intertitres
- Déroulé de la consultation décrit dans les intertitres
Ce qui reste hors de portée de ce cas
- Aucun tarif affiché sur la page relevée
- Aucune plage horaire indiquée
- Aucun délai de réponse chiffré
- Aucun sous-titre relevé sur la page d'accueil
- Aucune page de signification annoncée dans les intertitres
D’autres notions de Voyance gratuite
Une notion par page, un exemple par notion.

Pour refermer
Ce que vous saurez repérer en quittant cette page
La notion compte plus que le service qui a servi à l’illustrer. Ce qui précède doit vous permettre de reconnaître la même mécanique ailleurs, sur une page que ce site ne cite pas.
Si un point reste obscur, c’est probablement qu’un mot de métier n’a pas été assez déplié. Les pages voisines reprennent le même vocabulaire sur d’autres cas.
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- Pourquoi l'asymétrie est plus forte ici qu'ailleurs
- Fabriquer la liste de celles qui ne tiendront pas
