
Voyance par téléphone
Jimini
Consultation par téléphone annoncée dans les intertitres
Lire cette pageVoyance gratuite · notion expliquée
Certaines annonces se réalisent pour une raison qui n'a rien de mystérieux : elles ont modifié le comportement de celui qui les a reçues. La réalisation n'est alors pas la confirmation de l'annonce, elle en est la conséquence, et distinguer les deux change entièrement ce qu'on peut en conclure.

Les étapes de cette page, dans l’ordre
Le mécanisme porte un nom depuis 1948, il a été établi hors de tout contexte divinatoire, et il possède un symétrique moins connu où l'annonce empêche ce qu'elle annonçait. Un service dont la page promet une réponse immédiate et sans contrepartie en offre une illustration, puisque c'est dans l'intervalle entre l'annonce et l'échéance que tout se joue.
Le cas qui sert d’illustration ici
Le sociologue américain Robert Merton publia cette année-là un texte consacré à ce qu'il appelait la prophétie autoréalisatrice. Sa définition est courte et elle tient encore : une définition fausse d'une situation suscite un comportement nouveau, qui rend vraie la définition initialement fausse.
L'exemple qu'il développait portait sur une banque. Un établissement parfaitement solvable est l'objet d'une rumeur d'insolvabilité ; les déposants se présentent en masse pour retirer leurs fonds ; l'établissement, qui ne détient pas en liquide la totalité des dépôts, se trouve effectivement en défaut. La rumeur était fausse au moment où elle a été émise, et elle est devenue vraie par l'effet de sa diffusion.
Un mot nomme cela, la rétroaction : l'annonce n'est pas extérieure à la situation qu'elle décrit, elle entre dedans. Dès lors que le sujet d'une prévision est informé de cette prévision, la prévision cesse de porter sur le même monde que celui où elle a été faite.
Transposée au registre sentimental, la mécanique donne ceci. Une personne se voit annoncer qu'une relation se dégradera. Elle se met à guetter les signes de dégradation, interprète dans ce sens des épisodes ordinaires, prend ses distances par précaution ; la relation se dégrade. Rien dans cette suite n'exige de connaissance de l'avenir.
tarot-ana.fr emploie le même vocabulaire, ce qui aide à reconnaître la notion ailleurs.
L'effet inverse existe et il est moins cité. Une annonce peut provoquer exactement le comportement qui la rend fausse : averti d'un risque, on l'évite ; averti d'une opportunité, on la saisit, et l'on sort de la trajectoire décrite.
Le philosophe Karl Popper a proposé pour ce cas l'expression effet Œdipe, en référence au personnage dont les actes destinés à fuir l'oracle sont précisément ceux qui l'accomplissent. L'appellation est trompeuse si l'on s'arrête au mythe, qui relève plutôt du cas précédent ; ce que Popper visait, lui, est la propriété générale d'une prédiction portant sur un système capable de l'entendre.
Les deux cas se distinguent par une seule question, et elle est accessible à celui qui a reçu l'annonce : son comportement a-t-il changé après l'avoir entendue. Si la réponse est oui, le résultat ne départage rien, quel qu'il soit. S'il est non, la vérification garde son sens.
Un cas intermédiaire mérite d'être signalé, parce qu'il est fréquent. Une annonce peut donner la permission de faire ce qu'on souhaitait déjà : quitter un emploi, reprendre contact, dire non. Elle ne crée rien, elle lève une hésitation. L'effet est réel, l'annonce n'y est pour presque rien, et il serait injuste de le porter au débit comme au crédit de la consultation.
La conséquence pratique est contrariante et elle est inévitable. Une annonce entendue n'est plus vérifiable au sens strict, parce que l'auditeur fait désormais partie du dispositif. C'est la différence entre une prévision météorologique, que personne ne peut influencer, et une prévision portant sur une conduite humaine.
Reste une parade partielle, et elle vaut la peine. Séparer, parmi les annonces reçues, celles qui portent sur des faits que l'auditeur ne contrôle pas de celles qui portent sur ses propres actes. Les premières se vérifient : la décision d'un tiers, l'arrivée d'un courrier, l'issue d'une procédure. Les secondes ne se vérifient pas, et il est honnête de les écarter du bilan plutôt que de les compter comme des réussites.
Tout tient à une notion, celle de contrôle : un fait est hors contrôle quand aucune action de la personne concernée ne peut le faire advenir ni l'empêcher. Un bilan établi sur les seuls faits de cette catégorie est le seul qui apprenne quelque chose, et il est souvent très court.
Reconnaître une annonce qui s'est réalisée par son propre effet, nommer le cas symétrique où elle s'est annulée, puis trier ses notes sur un critère unique — ce que la personne concernée pouvait faire ou empêcher. C'est tout le programme de cette page, et il n'en demande pas davantage.
Une notion par page, un exemple par notion.

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La notion compte plus que le service qui a servi à l’illustrer. Ce qui précède doit vous permettre de reconnaître la même mécanique ailleurs, sur une page que ce site ne cite pas.
Si un point reste obscur, c’est probablement qu’un mot de métier n’a pas été assez déplié. Les pages voisines reprennent le même vocabulaire sur d’autres cas.