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Voyance par tchat · notion expliquée

L'effet Barnum, ou l'énoncé qui va à tous

Il existe une catégorie de phrases qui paraissent viser leur destinataire alors qu'elles conviennent à presque tout le monde. Elles ne sont pas fausses, ce qui les rend difficiles à écarter : elles sont vraies pour tant de gens qu'elles n'apprennent rien sur personne.

Voyance par téléphonece que le service appelle sa pratique
Aucun tarif affichébase de tarification affichée
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Les étapes de cette page, dans l’ordre

  • Une expérience de salle de cours, et deux noms pour un effet
  • Les trois conditions qui rendent l'effet opérant
  • Combien de personnes pourraient signer cette phrase

Le mécanisme porte deux noms selon les auteurs, il a été mis en évidence par une expérience de salle de cours, et il se neutralise par une opération que n'importe qui peut conduire en relisant ses notes. Un service dont la page décrit longuement son déroulé sans jamais chiffrer sa prestation offre un terrain d'observation commode.

Le cas qui sert d’illustration ici

Pratique annoncéeVoyance par téléphone
Base de tarificationAucun tarif affiché
Disponibilité annoncéeNon précisé
Aire indiquéeNon précisé
Compte préalableNon exigé

Une expérience de salle de cours, et deux noms pour un effet

En 1948, un psychologue nommé Bertram Forer remit à ses étudiants un texte qu'il annonçait comme le résultat d'un test de personnalité passé par chacun d'eux. Le texte était le même pour tous, composé de phrases prises dans un recueil d'astrologie populaire. Invités à noter la justesse du portrait les concernant, les étudiants le jugèrent massivement exact.

Le titre de l'article parlait de validation personnelle, et c'est resté le terme technique : la validation subjective désigne l'opération par laquelle une personne reconnaît comme sienne une description générale, en y rangeant ses propres souvenirs. L'autre appellation, plus répandue, fait référence à un homme de spectacle du dix-neuvième siècle réputé pour avoir dit qu'il offrait quelque chose à chacun ; elle a été proposée par un psychologue américain dans les années cinquante, et elle a supplanté la première dans l'usage.

Une phrase se range dans cette catégorie dès qu'elle ressemble à celle-ci : « vous avez par moments des doutes sur un choix que vous avez fait ». Il n'existe pratiquement personne pour qui l'énoncé soit faux. Ce n'est pas un mensonge, c'est un miroir.

L’application décrite — celle de le site Pro Voyance — ne vaut pas règle générale.

Les trois conditions qui rendent l'effet opérant

L'expérience a été refaite dans des variantes nombreuses, et trois facteurs ressortent. Ils se repèrent à la lecture, et leur présence simultanée est le signal à retenir.

Le premier est la généralité, qu'on mesure par un test : combien de personnes pourraient signer cette phrase. Plus la réponse est grande, moins la phrase informe. Les énoncés les plus efficaces portent sur des états que tout adulte traverse — l'hésitation, la fatigue, le sentiment d'être mal compris sur un point.

Le deuxième est la valence, c'est-à-dire le caractère favorable ou défavorable de ce qui est dit. Un portrait flatteur est accepté plus volontiers qu'un portrait sévère, à généralité égale. Ce facteur relie l'effet à l'asymétrie d'exigence dont ce mémento traite ailleurs : on examine moins ce qui plaît.

Le troisième est l'autorité attribuée à la source. Le même texte est jugé plus juste quand il est présenté comme le résultat d'un procédé que lorsqu'il est présenté comme un texte quelconque. Ce facteur est le plus facile à neutraliser : il suffit de lire les phrases retenues en oubliant d'où elles viennent.

Une précision qui évite un contresens fréquent : l'effet ne suppose aucune intention de tromper. Un praticien qui emploie de bonne foi un vocabulaire général produit exactement le même résultat qu'un praticien qui l'emploie sciemment. Le mécanisme est du côté de celui qui reçoit, pas de celui qui parle.

Combien de personnes pourraient signer cette phrase

De là une opération simple, à conduire après une consultation plutôt que pendant. Reprendre chaque phrase marquante, une par une, et se demander combien de personnes de son entourage pourraient la reprendre à leur compte sans mentir.

Le tri qui en résulte est souvent net. D'un côté les énoncés signables par tous, qui occupent en général l'essentiel du volume. De l'autre les énoncés qui ne conviennent qu'à soi, parce qu'ils comportent un détail — un lieu, un métier, une date, un nombre — qui réduit la liste des destinataires possibles. Ce sont les seuls qui portent une information, et ils se comptent sur une main quand ils existent.

Ce tri porte un nom : il mesure la spécificité. Une phrase spécifique prend un risque, celui d'être fausse. Une phrase générale n'en prend aucun, et c'est ce qui la rend inutilisable, en bien comme en mal.

Repérer une formule passe-partout, nommer les trois conditions qui lui donnent sa force, séparer dans ses propres notes ce qui ne vise que soi de ce qui vise tout le monde : voilà de quoi dispose quiconque s'est arrêté sur cette page.

Ce que le cas éclaire de la notion

  • Consultation par téléphone annoncée dans les intertitres
  • Échange par messagerie instantanée annoncé
  • 8 sous-titres relevés sur la page d'accueil
  • 5 intertitres relevés sur la page d'accueil
  • 1205 mots relevés sur la page d'accueil
  • Intitulé de service porté par le titre de la page

Ce qui reste hors de portée de ce cas

  • Aucun tarif affiché sur la page relevée
  • Aucune plage horaire indiquée
  • Aucun délai de réponse chiffré
  • Aucune trace écrite de l'échange annoncée
  • Aucune zone géographique indiquée

D’autres notions de Voyance par tchat

Une notion par page, un exemple par notion.

Pour refermer

Ce que vous saurez repérer en quittant cette page

La notion compte plus que le service qui a servi à l’illustrer. Ce qui précède doit vous permettre de reconnaître la même mécanique ailleurs, sur une page que ce site ne cite pas.

Si un point reste obscur, c’est probablement qu’un mot de métier n’a pas été assez déplié. Les pages voisines reprennent le même vocabulaire sur d’autres cas.

  • Une expérience de salle de cours, et deux noms pour un effet
  • Les trois conditions qui rendent l'effet opérant
  • Combien de personnes pourraient signer cette phrase